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60 ans de défis scientifiques

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Publié le 4 juillet 2016
Marcoule nait en 1955 de la volonté poitique de doter la France d'une dissuasion nucléaire. C'est, à l'origine, un centre dédié à la production de matières nucléaires...

1955-1960 : trois reacteurs et une usine de retraitement voient le jour


En moins de 5 ans, trois réacteurs et une usine de retraitement voeint le jour. Ces infrastructures vont permettre à la France de disposer des matières nécessaires  la fabrication des armes nucléaires dont le pays entend alors se doter. Au bord du Rhône, c'est un véritable complexe industriel qui est rapidement bâti, et s'intègre dans un paysage jusqu'alors fait de vignes, au pied d'une colline de 220 mètres : la "Dent" de Marcoule. La naissance des premiers réacteurs nucléaires français fait la "Une" des actualités de l'époque.

De Gaulle à Marcoule

Le 2 août 1958, le Général De Gaulle visite Marcoule. Réacteur, usine de retraitement : il vient se rendre compte des avancées du programme nucléaire national​
Alors qu'un convoi baptisé "mille-pattes" achemine un immense échangeur de chaleur qui attire sur son trajet plus de monde que le Tour de France, les ingénieurs et techniciens s'installent dans les communes aux abords du site.

Dès septembre 1956 le réacteur G1 fournit les tous premiers kilowattheures d’électricité nucléaire française.  Et à partir de 1958, le centre commence à prod​uire le plutonium attendu pour les besoins de la Défense Nationale et de ce qu'on appellera alors à l'époque "la Force de Frappe". 
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G2 : salle de commande - 1959 - ​Jahan P./CEA​

Années 60 : des technologies pour le retraitement des combustibles nucleaires


Les années 60 voeint Marcoule développer et perfectionner les procédés et technologies nécessaires au retraitement des combustibles usés. Le savoir-faire développé en vallée du Rhône donne naissance ainsi naissance à une usine en Normandie : UP2, construire à la pointe de La Hague et destinée au retraitement des combustibles civils.
En 1969, la vitrification des déchets radioactifs, qui permet de confiner durablement la radioactivité, est mise en service. Elle permet d'apporter une solution d'entreposage fiable et sûre pour les déchets les plus radioactifs.
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Et à Pierrelatte...

​L'histoire de Marcoule, c'est aussi celle du site de Pierrelatte, à 30 kilomètres un peu plus au nord.
Le CEA y construit en 1965-1967 ses premières usines d'enrichissement de l'uranium militaire. Suivra ensuite l'usine civile EURODIF, qui fonctionnera de 1979 à 2012.

1974 : un reacteur montre la voie


Une nouvelle grande première est franchie en 1974 avec la mise en service, au bord du Rhône, du réacteur PHENIX.

Basé sur la technologie des neutrons rapides, il fonctionnera pendant 35 ans, exploité conjointement par le CEA et EDF. Trois décennies au cours desquels PHENIX montrera la voie d’une filière nucléaire capable d’optimiser l’utilisation des ressources nucléaires - uranium et plutonium - et de mieux gérer ses déchets. Réacteur industriel de 250 MWe, PHENIX a produit 26 milliards de kilowatts-heure d'éle​ctricité, tout en fournissant aux chercheurs une moisson de résultats scientifiques.



ANNEES 80 : lES PREMIERES ANNES "VALRHO"

En 1976, la Compagnie Générale des Matières nucléaires (COGEMA) est créée par filialisation au sein du CEA. Elle regroupe les activités de production et c'est tout logiquement que le centre de Marcoule passe sous sa responsabilité. Les équipes de recherche du CEA poursuivent parallèlement leur mission scientifique au sein d'un établissement désormais dénommé CEA VALRHO, appellation qui fait référence à la Vallée du Rhône.

1991 : une rECHERCHE DE POINTE POUR LE CYCLE DU COMBUSTIBLE


Dès le début des années 90, en écho à la première grande loi sur la gestion des déchets radioactifs votée par le Parlement (Loi "Bataille" du 30 décembre 1991), Marcoule se positionne comme un pôle de recherche et développement sur le traitement du combustible usé, la gestion des déchets radioactifs de haute activité, et le cycle du combustible des systèmes nucléaires du futur.

Combustible :
       un affaire de cycle...

La France a fait le choix  de recycler les matières valorisables des combustibles usés (uranium et plutonium) et d’optimiser la gestion des déchets ultimes​.
C'est l'arrivée d'ATALANTE une installation unique au monde qui réunit 20 000 m2 de laboratoires nucléaires de haute activité. ATALANTE est une installation de haute activité qui permet aux équipes de tester  à petite échelle, mais sur des tronçons de combustibles réels, toutes les étapes et procédés du cycle du combustible nucléaire.

Avec cette installation, le centre affirme dès lors sa mission pérènne de recherche et développement que nous lui connaissons aujourd'hui. 

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1997 : un vaste programme d'ASSAINISSEMENT-DEMANTELEMENT


Au milieu des années 90, la décision est prise au plus haut niveau de l'Etat d'arrêter définitivement la production de matières nucléaires fissiles pour les besoins de la Défense. L'usine UP1 est mise à l'arrêt et débute également un programme d’assai
nissement-démantèlement des grandes installations historiques de Marcoule. Par ce programme sans équivalent dans le monde du fait de l’ampleur de la complexité et de la simultanéité des chantiers, le centre de Marcoule démontre que la filière nucléaire sait boucler la dernière étape du cycle de vie de ses installations. 

Le démantèlement, loin d'être un simple nettoyage, se révèle au contraire être un vivier d'innovations et un gisement de compétences exceptionnelles. De nombreuses entreprises du bassin d'emploi de Marcoule, qui s'étaient développé avec l'expansion des activités du site, se spécialisent progressivement dans ces nouveaux métiérs.

2016 : encore de nouveaux projets...


A partir de 2010, le CEA va prendre à Marcoule une orientation inédite. Tout en conservant son cœur d’activités, recherche pour le cycle du combustible et démantèlement, le CEA Marcoule s​’engage résolument dans la voie de l’économie circulaire et du transfert de technologies au travers de deux projets structurants :
PVSI et IEH​.

Démantèlement, déconstruction, dépollution de sites d’une part, chimie de l’extraction et du recyclage des terres rares d’autre part. Il s’agit de participer à réindustrialisation de la France ​en transférant des savoirs faires du nucléaire à d’autres secteurs économiques. Un atout pour la nouvelle grande région Occitanie.